L’avocat nantais réclame 20 000 euros à Facebook

Les administrateurs du réseau social ont supprimé le compte d’un utilisateur qui avait affiché sur son profil le tableau « L’origine du monde » dans lequel le peintre Gustave Courbet a figuré un sexe féminin. Un avocat nantais s’est emparé de l’affaire au nom de la liberté d’expression.

L’art n’est pas à mettre en toutes les mains, surtout quand il s’agit du très peu suggestif mais non moins célèbre tableau de Gustave Courbet « L’origine du Monde » qui opère un zoom artistique (et légendaire) sur le sexe d’une femme allongée sur un lit. En 1866, date à laquelle ce portrait avait été dévoilé, les âmes sensibles avaient bondi comme un seul homme, reprochant à l’artiste un goût prononcé pour la provocation et l’accusant, du même coup, de contrevenir aux bonnes moeurs du temps, enfin du leur.

20 000 euros de préjudice

L’oeuvre est, depuis, entrée dans le patrimoine mondial, mais son message culturel a, visiblement, encore du mal à pénétrer certains esprits pourtant réputés avant-gardistes. En 2011, Facebook, le réseau social aux 1 milliard d’utilisateurs, a supprimé le compte d’un de ses abonnés français qui avait eu l’audace (?) de publier la peinture de Courbet sur son « mur ». On présume que les administrateurs du site (qui n’ont jamais justifié leur décision par écrit auprès de l’intéressé) ont appliqué, à la lettre, à la virgule près, la règle de leur employeur qui interdit la publication de contenus « incitant à la haine ou à la violence, menaçants, à caractère pornographique ou contenant de la nudité ou de la violence gratuite ». Scrupuleux au point de réduire le génie de Courbet à une vulgaire apologie du sexe ?

L’internaute ostracisé par Facebook a décidé de porter plainte au nom de la liberté d’expression et du droit à la culture. Professeur des écoles, père de trois enfants, il est aussi féru d’art, une passion qu’il souhaitait partager sur le réseau social. L’homme est conseillé par un avocat nantais Stéphane Cottineau, qui dit : « Cette oeuvre ne peut être associée à un contenu à caractère pornographique ou à de la simple nudité. Il s’agit d’une représentation magnifiée par le talent de l’artiste ». Il réclame 20 000 euros pour réparer le préjudice subi par son client.

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Journaliste de formation, j'occupe actuellement la fonction de rédacteur au sein du réseau des sites Internet de services aux entreprises du groupe Libbre. Je peux justifier d'une expérience de six ans dans la presse quotidienne angevine au sein de trois quotidiens : la Nouvelle République, Ouest-France puis le journal majoritaire en Maine-et-Loire : le Courrier de l'Ouest (2007-2009).

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