Une nouvelle pétition demande le rattachement de Nantes à la Bretagne

Une association, qui milite pour le projet, a recueilli 100 000 signatures et prétend vouloir s’appuyer sur un droit juridique afin de réclamer un référendum portant sur la fusion des deux territoires.

Serpent de mer en Loire-Atlantique depuis la deuxième guerre mondiale, au cours de laquelle le régime de Vichy, qui s’était établi dans la France occupée, avait créé des nouvelles régions économiques dont sont issus les Pays de la Loire actuels, la réunification de Nantes à la Bretagne, son berceau historique, refait surface à la faveur d’une nouvelle pétition lancée par une association très engagée dans ce débat quasi-séculaire. Le groupe en question, réuni sous la bannière « Bretagne réunie » depuis 1976, tente cette fois de faire pression sur le président du conseil départemental de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet (PS) afin qu’il inscrive à l’ordre du jour de son assemblée un projet référendum portant sur le rattachement du 44 aux cinq autres entités bretonnes, Morbihan (56), Côtes du Nord (22), Finistère (29) et Ille-et-Vilaine (35).

Une Bretagne avec trois capitales ?

L’association, qui fonde la légitimité de son combat sur une pétition de 100 000 signatures recueillies sur le terrain depuis deux ans, compte s’appuyer sur un levier juridique introduit par la Loi Notre de 2015 sur la réorganisation des Régions de la métropole : il s’agit d’un droit d’option en vertu duquel chaque département est habilité à réclamer son rattachement à une autre entité territoriale. Or, le temps est compté : les textes officiels fixent à mars 2019 le délai légal sous lequel ce type de procédure, au demeurant très longue et complexe peut être engagé. Au moins deux obstacles se dressent sur la route de l’association « Bretagne Réunie » :

Philippe Grosvalet d’abord, peu favorable à l’idée d’une fusion de Nantes avec la Bretagne où Rennes fait déjà office de capitale régionale. Ensuite, les modalités de ce droit d’option, définies par la loi n°2015-29, qui imposent de d’obtenir l’aval à la majorité des 3/5èmes « du conseil régional d’origine (en l’espèce les Pays de la Loire), de la Région d’accueil (Bretagne) et du département concerné (Loire-Atlantique) ». Or, dès 2015, un important noyau d’élus rennais, portés par leur chef de file d’alors Jean-Yves Le Drian, devenu ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères sous la présidence d’Emmanuel Macron, a exprimé une franche opposition à la perspective d’un retour de Nantes dans le giron breton. Il est tout aussi peu probable que le Conseil des Pays de la Loire approuve ce qui s’apparenterait à un démantèlement, avec le retrait de la Loire-Atlantique, département moteur, de surcroît, au sein de l’espace ligérien.
Un front uni devant lequel l’association pétitionnaire brandit un argument : « Cette identité territoriale, c’est iprimordial pour le tourisme, pour le développement du port Nantes-Saint-Nazaire, mais aussi pour les nombreuses entreprises qui veulent cette étiquette positive bretonne. Quant à la rivalité entre les villes, on peut imaginer trois capitales : Brest pour l’aspect maritime, Rennes pour l’administratif et Nantes comme capitale économique. »

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Journaliste de formation, j'occupe actuellement la fonction de rédacteur au sein du réseau des sites Internet de services aux entreprises du groupe Libbre. Je peux justifier d'une expérience de six ans dans la presse quotidienne angevine au sein de trois quotidiens : la Nouvelle République, Ouest-France puis le journal majoritaire en Maine-et-Loire : le Courrier de l'Ouest (2007-2009).

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