Nantes : une fête de la musique au balcon

La Préfecture de Loire-Atlantique a officiellement interdit les rassemblements musicaux sur la voie publique.

Cette édition 2020 de la Fête de la Musique était mal engagée depuis la fin de l’hiver et l’irruption de la pandémie de Covid-19. Trois mois plus tard, le contexte purement sanitaire est moins lourd, mais les règles de précaution sont encore très strictes. L’interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes (dans l’espace public, mais non privé) reste en vigueur, jusqu’à nouvel ordre : à elle seule, cette mesure condamne la fête de la Musique, comme elle a contraint de très nombreux évènements culturels à disparaître de l’agenda local.

Sans surprise donc, la Préfecture de Loire-Atlantique a confirmé ce que tout le monde, ou presque, redoutait depuis des semaines : le rendez-vous traditionnel du 21 juin, qui offrait une tribune aux musiciens du cru, professionnels ou amateurs, dans une liesse populaire dopée aux décibels, ne se tiendra pas dans sa forme habituelle, celle qu’elle revêt depuis sa création en 1982.

Dans les circonstances actuelles, qui imposent des règles de distanciation physique et l’application de gestes-barrières entre les individus, impossible de d’organiser un tel événement de masse dans les conditions de sécurité requise, alors même que les discothèques restent fermées, pour les mêmes raisons. C’est du moins l’argument utilisé par les pouvoirs publics dans un communiqué : « Les regroupements de personnes peuvent constituer des foyers de contamination ».

Le Représentant de l’Etat Claude d’Harcourt relaye donc un message gouvernemental teinté de prudence qui appelle la population « à rester vigilante, et notamment les personnes fragiles » car, dit-il, « le virus continue à circuler ».

Alcool et matériels de son interdits

A ce cadre préventif général, s’ajoutent une série de mesures complémentaires qui interdisent les regroupements « festifs à caractère musical de type rave party ou teknival ». Dans la même logique, l’arrêté proscrit « la circulation des poids lourds transportant du matériel de son » et prohibe « la vente d’alcool à emporter à compter du samedi 20 juin minuit » (idem pour les artifices de divertissement à partir du vendredi 19 juin).

Il est vrai que ce dispositif sévère s’inscrit dans un contexte particulier à Nantes et intervient comme une réponse au drame survenu lors de la précédente édition de la Fête de la musique : il y a un an, une soirée électro qui s’était prolongée jusqu’au petit matin en bord de Loire (quai Wilson) avait été interrompue par la police. Au cours de l’affrontement, plusieurs personnes étaient tombées à l’eau et l’un d’entre eux, âgé de 24 ans, y a laissé la vie (une enquête est toujours en cours afin de déterminer si la mort accidentelle du jeune Steve est liée ou non à l’intervention des forces de l’ordre).

Pour toutes ces raisons, la fête de la Musique qui reste (tout de même) maintenue dimanche prochain, ne ressemblera en rien aux 38 éditions précédentes : pas de scène, pas de déambulation ni bains de foule. L’essentiel de la programmation passera par le site internet de la municipalité où des playlists seront mises en ligne. Pour le reste, les Nantais sont encouragés « à se produire sur leur balcon ou à leur fenêtre, en musique et en chanson, de 20h à 21h. »

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Journaliste de formation, j'occupe actuellement la fonction de rédacteur au sein du réseau des sites Internet de services aux entreprises du groupe Libbre. Je peux justifier d'une expérience de six ans dans la presse quotidienne angevine au sein de trois quotidiens : la Nouvelle République, Ouest-France puis le journal majoritaire en Maine-et-Loire : le Courrier de l'Ouest (2007-2009).

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