Nantes : l’enfarineur de Johanna Rolland sera jugé en janvier

Le procès de l’homme qui avait jeté un sac de farine sur la maire de Nantes devait se tenir jeudi. En raison de la grève des avocats, l’audience a été reportée d’un mois.

Il faudra attendre 2019 pour connaître le sort judiciaire des deux jeunes militants pro-migrants qui avaient agressé le 6 octobre dernier Johanna Rolland, sur le marché de la Petite-Hollande. Les deux prévenus se sont présentés ce jeudi au tribunal correctionnel, mais leurs avocats, mobilisés dans le cadre de la grève orchestrée par le barreau pour protester contre le projet de réforme de la Justice, ont demandé le renvoi de l’affaire. Ce qu’ils ont obtenu : leurs clients devront comparaître, sans doute pour de bon cette fois, le 9 janvier prochain.

Les faits qui leur sont reprochés remontent à quelques semaines. C’était un samedi, jour de marché dans le centre-ville de Nantes. Ce matin-là, vers 11h30, plusieurs jeunes gens avaient interpellé l’élue pour dénoncer le placement de quatre demandeurs d’asile en centre rétention après l’évacuation d’un squat dans l’ex-Ephad Bréa (rue Maurice-Sibille), opération à l’issue de laquelle 127 autres résidents avaient été relogés.

Prise à partie par ces militants qui criaient à « l’hypocrisie de la Municipalité dans la gestion des dossiers des migrants », la maire avait reçu le contenu d’un sac de farine en plein visage. Au même moment, l’une de ses adjointes, présente à ses côtés, aurait eu maille à partir avec une jeune femme, membre elle aussi du groupe de mécontents.
Après l’altercation, Johanna Rolland avait poursuivi son exercice de terrain sur le marché où elle s’était rendu afin d’échanger avec les habitants et les commerçants sur les projets de réaménagement de la place Petite-Hollande, non sans réagir à l’incident dont elle a été la cible : « Ce n’est certainement pas une tentative d’intimidation qui me fera reculer » , avait-elle témoigné, rappelant que les services de la Ville avait pris en charge les 700 migrants qui avaient dressé un camp de fortune square Daviais.

Si les juges n’ont pas pu trancher sur le sort des militants présentés jeudi à la barre, tous deux poursuivis pour « outrage », un bref rappel des faits leur a été exposé : on a appris à cette occasion que l’enfarineur, âgé de 24 ans, se destinerait à une carrière d’avocat ou de magistrat. Sa camarade vit, elle,d’un emploi précaire au sein d’une association nantaise.
Leurs conseils respectifs ont contesté la démesure d’un procès au regard de la faible gravité des actes qui se sont déroulés le 6 octobre.

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Journaliste de formation, j'occupe actuellement la fonction de rédacteur au sein du réseau des sites Internet de services aux entreprises du groupe Libbre. Je peux justifier d'une expérience de six ans dans la presse quotidienne angevine au sein de trois quotidiens : la Nouvelle République, Ouest-France puis le journal majoritaire en Maine-et-Loire : le Courrier de l'Ouest (2007-2009).

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