Nantes : il casse le prix de son entreprise pour la vendre à ses salariés

La Générale de Bureautique, spécialisée dans la maintenance des photocopieurs, a changé de dirigeant il y a quelques mois : au lieu de céder les actifs de son entreprise à un concurrent incapable de garantir le maintien total de l’effectif, le fondateur de la marque Eric Belile a préféré passer la main à cinq de ses salariés. Une opération qui lui a coûté plus d’argent qu’elle ne lui en a rapporté. Pour l’instant.

belile

Avec ses 10 millions de résultats annuels, la Générale de Bureautique, fondée en 1989 à Nantes par Eric Belile, est une bonne affaire. Investisseurs et concurrents ne s’y sont pas trompés en proposant une somme rondelette (jusqu’à 12 millions d’euros) à son patron qui, à 56 ans, souhaitait prendre du recul en cédant son activité. Très vite pourtant, les plans de rachat soumis à son approbation lui ont fait comprendre que la pérennité de l’effectif qu’il a dirigé et fait grandir (45 salariés) serait menacée par l’appétit du futur repreneur : « Quand on rachète une boîte, on cherche une rentabilité rapide. La première chose que l’on fait, c’est la chasse aux doublons. Je savais qu’un tiers du personnel serait viré et que moi, je partirai avec un gros chèque » a confié Eric Belile au journal Le Parisien.

4 millions d’euros de dividendes

Avec un altruisme rare lorsque tant d’argent est en jeu, il a donc décidé de changer de cap en cherchant une solution qui permettrait à ses salariés de prendre les rênes de l’entreprise. Une opération bancaire complexe qui l’a conduit à injecter 1,75 million d’euros pour garantir le prêt consenti à quatre membres de son équipe, des cadres aujourd’hui propulsés à la tête de la Générale de Bureautique, située à quelques centaines de mètres du stade la Beaujoire (Rue du Chemin Rouge). Arrivé du Maroc en 1962, le « petit beur nantais », comme il s’est lui-même surnommé dans un livre autobiographique  publié en 2005,  indique également avoir renonce à 4 millions d’euros de dividendes, un joli capital qui servira à rembourser une partie du crédit négocié avec ses successeurs pendant sept ans.

 

 

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