Nantes : 70 policiers municipaux supplémentaires

La maire Johanna Rolland, qui brigue un deuxième mandat à Nantes, a annoncé un train de 23 mesures inscrites dans ce qu’elle présente comme un contrat local de sécurité.

Certes, Nantes n’est pas Chicago, ni Marseille, mais l’ancienne cité des Ducs, longtemps réputée paisible, s’est distingué ces dernières années par un climat d’insécurité croissant, qui indépendamment des désordres perpétrés en marge des grands défilés urbains, semble avoir franchi l’an dernier un palier supplémentaire dans la violence : la ville a été le théâtre d’une soixantaine de règlements de comptes par armes à feu, de sfaits qui ont provoqué la morts de trois personnes et blessé une vingtaine d’autres victimes. Le phénomène, associé à la hausse des trafics de drogues, n’est pas nouveau : en 2008, le Syndicat Alliance du 44 avait dénombré 45 fusillades dans la zone urbaine. Sans compter les agressions dans les transports en commun : en 2018, 3.515 signalements sont parvenus à la Semitan, un chiffre en forte hausse par rapport à 2015 (2.484)

« Il faut nommer les choses. L’insécurité s’est développée, c’est certain » a reconnu la maire de Nantes Johanne Rolland, soucieuse se faire le relais d’un sentiment général. Le sujet, qu’elle juge « sensible et important » s’est immanquablement invité dans le débat des élections municipales, au point d’ouvrir des fenêtres de tirs idéales aux opposants LR et LREM pour attaquer le bilan de la majorité socialiste. En réaction, la successeur de Jean-Marc Ayrault a dévoilé un « contrat nantais de sécurité » décliné en 7 axes et 23 mesures. La plus forte –et la plus attendue – porte sur les effectifs de la police municipale : 70 nouveaux agents vont être recrutés, sans doute à partir de 2021, pour renforcer la présence publique dans les quartiers sensibles. Ces équipes supplémentaires s’ajouteront aux 32 employés qui formeront, à partir de l’automne 2020, la nouvelle police des transports chargée de patrouiller dans « les lignes structurantes du réseau de transport en commun nantais » (tram, chronobus, busway), mais aussi sur les quais et aux abords ».

En contrepartie de cet effort budgétaire, la maire de Nantes souhaite demander à l’Etat qu’il fournisse un surcroît de moyens équivalents, soit 70 policiers en plus à déployer sur le territoire urbain.
Dans les rangs municipaux, une équipe spécialisée de 24 agents sera constituée pour couvrir les quartiers. Surtout, à l’échelle de la ville, leur service de terrain sera rallongé de minuit à 2 heures du matin, une plage horaire qui n’était pas assurée jusqu’à aujourd’hui.
Un plan pour la sécurité nocturne prévoit également la mise en place de dispositifs spécifiques en centre-ville et dans le secteur du hangar à bananes les jeudis, vendredis et samedis soirs.

Enfin, le système de vidéoprotection va être renforcé avec l’installation de 30 nouvelle caméras.
Le budget total consacré à l’ensemble des mesures de sécurité est estimé par Johanne Rolland à 5,2 millions d’euros.

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Journaliste de formation, j'occupe actuellement la fonction de rédacteur au sein du réseau des sites Internet de services aux entreprises du groupe Libbre. Je peux justifier d'une expérience de six ans dans la presse quotidienne angevine au sein de trois quotidiens : la Nouvelle République, Ouest-France puis le journal majoritaire en Maine-et-Loire : le Courrier de l'Ouest (2007-2009).

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