Hollande promet à Hulot d’arrêter Notre-Dame-des-Landes

Pour convaincre Nicolas Hulot d’entrer au gouvernement, le président de la République lui a fait miroiter un arrêt du projet d’aéroport nantais à Notre-Dame-des-Landes.

La construction de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes n’a pas fini de prendre du retard. Tout le monde est au courant qu’à l’Elysée, Hollande tente de désamorcer cette bombe. Et qu’il réfléchit à un moyen d’évacuer le dossier sans froisser les élus de terrain favorables au transfert de l’équipement. S’il prend la décision d’annuler le chantier, il sait qu’il devra batailler avec la multinationale Vinci et les puissants actionnaires engagés dans le projet d’aéroport. Il a surtout trop bien cerné les inconvénients d’un calendrier qui lui échappe désormais totalement : l’année prochaine, c’est l’élection présidentielle, une échéance qu’il n’a aucune chance de gagner s’il se coupe définitivement des écologistes. Impossible, dans l’intervalle, de commencer un aéroport qui achèvera de disloquer l’alliance électorale (tacite) dont se prévalent les candidats PS et EELV au moment des scrutins d’entre-deux tours. Stratégie déjà mise à mal, abîmée en 2014 par les départs simultanés des ministres Cécile Duflot et Pascal Canfin.

Hulot recule

Donner des gages aux verts, c’est l’objet du superministère de l’Ecologie qu’il projette de mettre en place dans la dernière ligne droite de son mandat élyséen. Un poste à prestige qu’il a voulu confier à Nicolas Hulot, militant de terrain et médiatique qui cumule les avantages de la popularité et d’un positionnement « sans étiquette » (il n’a jamais été membre d’EELV). Son crash gouvernemental aurait limité les dégâts politiques dont François Hollande souhaite épargner sa future candidature lorsque le temps des tractations électorales sera venu. Trop intelligent, trop lucide sans doute, frileux diront certains, Hulot n’a pas saisi la perche présidentielle, malgré les garanties apportées par son interlocuteur, notamment sur le dossier de Notre-Dame-des-Landes qu’il a promis de jeter à la corbeille.
Sur Twitter, Hulot a employé une tournure indirecte et usé de la troisième personne du singulier pour signifier son refus, annonçant qu’il « n’entrera pas au gouvernement » mais qu’il «remercie la président de la confiance qu’il n’a cessé de lui accorder ».

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Journaliste de formation, j'occupe actuellement la fonction de rédacteur au sein du réseau des sites Internet de services aux entreprises du groupe Libbre. Je peux justifier d'une expérience de six ans dans la presse quotidienne angevine au sein de trois quotidiens : la Nouvelle République, Ouest-France puis le journal majoritaire en Maine-et-Loire : le Courrier de l'Ouest (2007-2009).

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