Gilets jaunes à Nantes : des chiffres « catastrophiques » dans les commerces

Selon plus de la moitié des enseignes locales, les ouvertures dominicales de décembre n’ont pas suffi à compenser les pertes économiques liées à la récurrence des manifestations et aux dégâts survenus en marge des cortèges.

Trois mois après l’émergence des gilets jaunes et quatorze défilés plus tard, les commerçants du centre-ville de Nantes font et refont leurs comptes afin de quantifier l’ampleur du préjudice imputable à la baisse de fréquentation, l’insécurité et les dégâts matériels. Et, au moment où s’achèvent les soldes d’hiver, le bilan n’est pas brillant : d’après une étude menée par la Chambre de Commerce et d’Industrie auprès des enseignes locales, 68% d’entre elles affirment avoir essuyé un chiffre d’affaires en baisse de 10 à 30% par rapport à la normale. Un peu plus de la moitié du panel interrogé (57%) estime même que les deux jours d’ouverture dominicale des 16 et 23 décembre n’ont pas suffi à compenser la manque-à-gagner cumulé sur l’ensemble de ce mois pourtant crucial sur le plan des affaires.

Le bilan annuel dressé par la CCI permet de prendre la mesure de l’impact : dans le périmètre du centre-ville, le quatrième trimestre 2018 affiche un CA en baisse de -1,8% par rapport à la même période de l’année précédente, repli qui s’explique très largement par la mauvaise courbe enregistrée en décembre (- 5,6%), alors même que le mouvement des gilets jaunes atteignait un « pic » de mobilisation. Ce « chiffre catastrophique vient casser une activité commerciale qui se redynamisait depuis 2015 » souligne le vice-président de l’institution économique Hugues Frioux.

Ce contexte délicat incline les enseignes locales à faire preuve d’autant plus de prudence sur le court et moyen long terme que les mouvements sociaux devraient, sauf retournement de situation, se prolonger jusqu’à mai. Selon le président de l’association de commerçants Plein Centre, « une quinzaine de magasins frôlent la faillite » et les appels du pied se multiplient en direction de la Mairie afin d’alerter les élus sur certaines situation d’urgence.

Une aide de 500 000 euros

Rappelons que la Municipalité a débloqué, début février, une enveloppe exceptionnelle de 500 000 euros : cette aide se traduit par des mesures de soutien indirectes, dont un gel de la taxe séjour et des tarifs des droits de place, enseignes et pré-enseignes.
Certaines aides indirectes ont été annoncées dès le mois de décembre. L’une d’elle consiste en un gel « des tarifs des droits de place, enseignes et pré-enseignes » sur l’ensemble de l’année 2019. L’autre bloque temporairement l’évolution de la taxe séjour collectée par les hébergements de tourisme. 100 000 euros ont d’ores et déjà été alloué sous la forme d’une d’une exonération d’un mois des droits d’occupation temporaire du domaine public (terrasses, chevalets, kakémonos, etc.) dus par les commerces, cafés, h^tels et resturants du centre-ville.
Enfin, l’association Plein centre a fait pression auprès du Préfet afin qu’il maintienne la braderie du 29 mars, menacée par les éventuelles manifestations qui pourraient se dérouler ce samedi-là.

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Journaliste de formation, j'occupe actuellement la fonction de rédacteur au sein du réseau des sites Internet de services aux entreprises du groupe Libbre. Je peux justifier d'une expérience de six ans dans la presse quotidienne angevine au sein de trois quotidiens : la Nouvelle République, Ouest-France puis le journal majoritaire en Maine-et-Loire : le Courrier de l'Ouest (2007-2009).

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