FC Nantes : Combien de temps Girard peut-il tenir ?

Pris dans le tourbillon d’un début de saison catastrophique, l’entraîneur du FCN René Girard n’a même pas cherché à faire de la com’ dimanche soir après l’humiliation subie par son équipe à domicile contre le promu Metz (0-3).

Le fil ténu qui reliait Girard aux tribunes de la Beaujoire s’est-il déjà cassé ? Accueilli très fraîchement en mai dernier par les supporters nantais, le nouveau coach du FCN n’est pas parvenu à démentir la défiance générale qui pèse sur ses épaules et présente, au bout de quatre journées de championnat, un bilan sportif calamiteux (1 victoire, 3 défaites) couronné dimanche par une prestation indigente de son groupe lors de la réception du FC Metz (0-3). Pire : les premiers signes d’un divorce sont apparus, début septembre, par colonnes de presse interposées, entre le président du club Waldemar kita et celui que ce dernier s’est employé à présenter comme « l’homme de la situation » pour relancer les Canaris en Ligue 1 après la phase de reconstruction amorcée par Der Zakarian (2012-2016). Un malentendu qui s’est développé et très vite accru à mesure que le mercato avançait, René Girard réclamant en vain le recrutement d’un joueur offensif et d’un milieu récupérateur. Comme  Anne, la belle-sœur de Barbe-Bleue, il n’a jamais rien vu venir et fini par qualifier de « période de merde »  les ultimes heures qui ont précédé la clôture du marché des transferts, le 31 août dernier.  Car, en quatre matchs, l’effectif a fait montre d’insuffisances majeures, tant physiques que mentales,  pour tenir son rang à ce niveau: un seul but inscrit par sa recrue danoise Nicolaj Thomsen lors d’une victoire inaugurale à Dijon le 13 août dernier (0-1), suivie de trois défaites consécutives et vierges, dont deux à La Beaujoire, contre Monaco (0-1) et le promu lorrain (0-3). Entre-temps, Nantes a perdu son classico face au rival bordelais (1-0), une défaite qui a ranimé le feu de la colère chez les supporteurs nantais à l’endroit de René Girard, déjà brocardé pour son passé girondin (1980-1988).

Charles N’Zogbia à Nantes ?

A l’intersaison, Nantes a laissé filer une dizaine d’éléments, dont certains avaient donné satisfaction, comme le défenseur  Youssouf Sabaly, prêté par le PSG, le milieu américain Alejandro Bedoya, un des piliers de l’ère Der Zakarian, et le meneur brésilien Adryan, auteur d’une belle phase retour en 2016 (5 buts). Pour compenser, le club a pris cinq joueurs (Carlos, Kacanilklic, Thomsen, Stepinski, Lima) : « J’estime que pour être performant, il nous faudrait en plus deux joueurs d’expérience, notamment devant. Actuellement, on ne peut pas viser la première moitié du classement, entre la 10e et la 15e place, ça me paraît plus logique » a lâché, fataliste, René Girard sur RMC. A l’issue de la débâcle contre Metz, le même Girard avait rétorqué aux journalistes qui l’interrogeaient sur l’hypothèse d’un départ anticipé qu’il n’avait « pas pour habitude d’abandonner le navire, même s’il y en a peut-être à qui ça ferait plaisir. »

Mercredi dernier,  l’annonce du transfert possible de l’ancien international français Charles N’Zogbia, laissé par libre Aston Villa (D2 anglaise) illustre la volonté de Kita de renforcer la position de Girard (et la sienne par ricochet) avant que celle-ci ne devienne intenable et ne soit définitivement réglée par la « doxa » populaire, celle qui fait la pluie et le beau temps chaque semaine à la Jonelière et tous les quinze jours à la Beaujoire. Samedi prochain, le FCN déjà sous pression se déplace à Nancy, l’autre promu lorrain, relégable comme lui, et recevra Saint-Etienne le 21 septembre avant de passer au révélateur de la Ligue 1 sur la pelouse de l’Olympique de Marseille le 25.

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