Chantiers de Saint-Nazaire : le projet de reprise de Fincantieri inquiète

Unique candidat à la reprise de STX France, le leader européen de la construction navale Fincantieri, contrôlé par l’Etat italien, devrait prendre le contrôle des Chantiers navals de Saint-Nazaire. Un projet qui n’a pas les faveurs des syndicats.

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STX France, filiale du groupe coréen STX Offshore & Shipbuilding en redressement judiciaire, va changer de propriétaire. Les modalités de cette vente, cruciale pour l’avenir du site nazairien où travaillent un peu plus de 7 000 personnes (salariés et sous-traitants confondus), est entre les mains du tribunal de Séoul qui doit statuer sur le plan de restructuration du géant asiatique. La décision, qui devait intervenir ce mardi, a été repoussée de quelques jours en raison du retard pris dans l’opération gérée par le cabinet Samil PricewaterhouseCooper. Quoi qu’il advienne dorénavant, la voie est entièrement dégagée devant le constructeur italien Fincantieri, leader du secteur en Europe et seul candidat en lice à la reprise de STX France après le retrait du néerlandais Damen.

Transferts de technologies vers la Chine ?

Le projet porté par le groupe transalpin, concurrent direct de Saint-Nazaire sur le marché des paquebots et navires militaires, inquiète les syndicats locaux. CGT, CFDT et FO redoutent un impact négatif sur le niveau d’emplois en raison des « doublons » de compétences entre les deux entités. Les organisations redoutent notamment des coupes d’effectifs dans certains métiers : études, recherche et développement, ingénierie, services d’achats et commerciaux…, et pointent le risque de délocalisations vers l’Italie et la Chine où Fincantieri gère des chantiers navals en vertu d’un accord commercial passé avec Pékin : « même si on nous assure qu’il n’y aura pas de transferts de technologies, dans le métier de la construction de paquebots, c’est avant tout le savoir-faire -en ingénierie, logistique, réseau de sous-traitance, pour ne citer que ceux-là – qui compte et c’est bien cela que Fincantieri va transmettre aux chantiers chinois ! » s’inquiète la CGT.
Dans le plan présenté au tribunal de Séoul, il est toutefois prévu que l’Etat français conserve ses 33% de participations dans la structure française, donc une minorité de blocage, avec la possibilité d’une association au capital du groupe naval militaire français DCNS, concurrent de Fincantieri.

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