Aéroport de Nantes : le vol vers Orly menacé

Le gouvernement souhaite supprimer les lignes aériennes intérieures pour lesquelles il existe un transport terrestre d’une durée inférieure à 2h30 (en TGV). Beaucoup de trajets vers Orly sont concernées par cette mesure. Y compris en Loire-Atlantique.


Dans le monde d’après, le train va-t-il dépasser l’avion ? c’est en tout cas l’un des projets agités depuis plusieurs jours par le gouvernement et présenté comme une des contreparties au plan de sauvetage de la compagnie Air France (7 milliards d’euros). L’idée, qui avait déjà fait l’objet d’une proposition de loi…de la part de la France Insoumise en 2019, repose sur une réorganisation des trajets courts sur le territoire national, ceux notamment où l’avion et le train sont les plus en concurrence. Or, en bonne logique économique, qui dit restructuration, dit cure d’amaigrissement. Et c’est dans cette direction que les débat, amorcé avec le secteur aérien, semble s’orienter, à savoir une suppression des lignes intérieures pour lesquelles il existe un « doublon » terrestre par le train en moins de 2h30.

Beaucoup de vols vers Paris sont concernés par cette mesure dont l’Etat précise qu’elle obéit à des critères environnementaux, prémices du coup de volant écologique promis par le président de la République Emmanuel Macron pendant la crise sanitaire du Covid-19. Depuis l’aéroport de Nantes, les vols vers Orly (un hub international) assurés par Air France sont clairement dans le viseur. Ce qui fait immanquablement sortir de ses gonds l’association « Des ailes pour l’Ouest », promoteur d’un développement de l’offre aérienne dans la région : son président Guillaume Dalmard dénonce « une nouvelle atteinte au développement de nos territoires » et prédit que cette décision amènera une majorité d’usagers à se reporter, non sur le train, mais sur la voiture.

100 000 passagers par an

Selon l’association, 100 000 passagers empruntaient chaque année cette liaison avant l’épidémie. Et de préciser que, dans 80% des cas, il s ‘agissait de voyageurs « en correspondance pour les Antilles ou le Maghreb ».

Ce projet de suppression inquiète d’autant plus qu’elle ne sera pas compensée par des ouvertures « low cost » : les opérateurs de ce marché qui auraient eu a tentation de se positionner sur le créneau laissé libre par Air France, en seront pour leurs frais. Le secrétaire d’Etat en charge des Transports Jean-Baptiste Djebbari a en effet précisé qu’un arrêté, fond sur des motifs environnementaux, sera pris et qu’il s’appliquera à l’ensemble des acteurs.

Pour rappel, l’avenir de cette ligne posait question au sein de la compagnie nationale, bien avant la crise sanitaire : en début d’année : Air France avait confirmé avoir entamé des réflexions visant à évaluer la rentabilité de certains vols court-courriers situés à moins de trois heures de Nantes, et concurrencés par le train et le car.

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Journaliste de formation, j'occupe actuellement la fonction de rédacteur au sein du réseau des sites Internet de services aux entreprises du groupe Libbre. Je peux justifier d'une expérience de six ans dans la presse quotidienne angevine au sein de trois quotidiens : la Nouvelle République, Ouest-France puis le journal majoritaire en Maine-et-Loire : le Courrier de l'Ouest (2007-2009).

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